Il a dessiné des machines volantes inspirées des chauves-souris et des oiseaux, mais aussi un scaphandre de plongée, et même l’un des tout premiers robots huma-noïdes du monde, qui ressemblait à un… chevalier. Actionné par un système de poulies et de câbles, ce « Chevalier Mécanique » pouvait s’asseoir, agiter les bras ou encore ouvrir la mâchoire pour émettre des sons.

Léonard de Vinci est l’inventeur par excellence : pourquoi se priver d’invoquer sa fantastique aura, dans un article con-sacré à l’innovation ? D’autant qu’il possède une autre caractéristique essentielle : la polyvalence. L’italien était tout à la fois scientifique, ingénieur, anatomiste, peintre, sculpteur, musicien, architecte, botaniste, poète, philosophe, écrivain…

Ainsi - et même si ce verbe n’existait pas encore - au XVe siècle certains avaient déjà compris que pour innover, il faut… désiloter. C’est le conseil de Jean-François Gaudy, Chief Innovation Officer chez Gfi Informatique. « Je crois que les entreprises sont désormais conscientes des fondations nécessaires pour faire éclore l’innovation ; elles ont commencé à revoir leur organisation interne, à se doter d’indicateurs de mesure et à structurer leurs démarches d’Open innovation. En revanche et pour entrer dans le concret, les sujets qui émergent ont toujours tendance à être silotés : un projet Big Data par-ci, un projet IoT par-là… Ces silos peuvent correspondre à chacun des Métiers, ou encore à chaque nouvelle solution technologique que l’entreprise décide d’expérimenter. Dans tous les cas, ils constituent un frein naturel à l’innovation : ils en réduisent la portée, quand ils ne l’étouffent pas. »

Pour créer de la valeur, il est donc prioritaire de faire converger toutes les disciplines : « On le voit bien avec les voitures autonomes, poursuit Jean-François Gaudy. Elles associent un nombre significatif de technologies et de savoir-faire. J’attire également l’attention de mes clients sur l’importance de la captation : capter les données utiles permet de développer des produits et services séduisants et fonctionnels. Il faut capter une information à la fois suffisamment volumineuse et suffisamment qualifiée pour disposer d’une matière première susceptible de nourrir l’innovation. »

Cette captation de données s’entend au sens large : ainsi, une image est-elle une donnée.  Et les images prennent un poids de plus en plus important dans nos vies. En mai dernier, le chroniqueur Xavier de La Porte (France Culture) citait un journaliste du New York Times, Farhad Manjooo : « Les premiers temps de l’informatique et de l’Internet, note Manjoo, n’ont fait qu’accroître la suprématie du texte pour communiquer sur de longues distances et dans le temps : blogs, mails, tweets, statuts, commentaires, on s’est tous mis à produire du texte, dans la continuité d’une longue histoire. Puis vinrent les appareils photos dans les téléphones et la connexion de ces téléphones à Internet. Dans un premier temps - et d’ailleurs, on le voit dans Facebook ou Instagram - ça n’a pas changé grand chose, on a juste pris plus de photos. Mais l’arrivée de Snapchat a produit un changement majeur, l’usage de la photo à des fins de communication (la photo “sociale”, comme dit André Gunthert), la possibilité d’ajouter à la communication une dimension supplémentaire au texte. Parmi tout ce que ça change et que l’on peut critiquer (une communication plus émotionnelle, plus distrayante, moins réflexive…), le plus important est selon Manjoo la manière dont cela affecte le langage, car de plus en plus dans nos communications numériques, nous parlons avec des images. »

Une image est une donnée, donc, tout comme le choix d’un mot plutôt qu’un autre, la fréquence des appels d’un client ou encore un débit de parole qui soudainement s’accélère… et même un silence. Les sciences humaines et sociales sont appelées en renfort de l’intelligence artificielle : linguistique, sociologie, sémiologie… Et vice-versa : « L’automatisation et la modélisation permettent désormais aux linguistes d’analyser de grandes quantités de textes ou de conversations, grâce au Machine Learning », souligne Jean-François Gaudy.

Innover, pour progresser : c’est exactement ce que fait un grand hôpital parisien, qui travaille avec Stanislas Larroque, fondateur de la start-up qui commercialise le casque PARA. Gfi Informatique est l’un des investisseurs, tout comme un ancien général pilote d’essai du Rafale.

Le jeune entrepreneur a développé « le premier casque français de réalité augmentée » dans une approche ambitieuse : se distinguer du fameux Hololens de Microsoft. Son casque, breveté en janvier 2017, avait déjà attiré l’attention de l’armée. En cette fin d’année, c’est un chirurgien qui teste le casque lors des opérations à cœur ouvert, en vue notamment de produire des supports de formation qualitatifs pour ses étudiants.

« Rester en veille constante sur ce type de projets permet d’ouvrir de nouvelles portes, de rebondir sur chaque opportunité et de créer du sens. Le casque de Stanislas intéresse par exemple le Gimélec (Groupement des industries de l’équipement électrique, du contrôle-commande et des services associés) : nous travaillons ensemble sur les problématiques du BIM Exploitation (Building Information Modeling), autrement dit sur une maintenance des bâtiments plus fluide et plus efficace grâce à ce type d’outils. »

L’innovation fait feu de tout bois : encore faut-il lui apporter suffisamment de combustible !

Gfi Informatique est partenaire du 01 Business Forum.

Mots clésInnovationTransformation digitale

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